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Meet Tara Levros

Photography may have been a men’s art but one of our Haitian women still made the difference. She is a freelance photographer and, executive producer at Sekoya studios. Evolution of Fashion in Haiti is very proud to introduce to our readers a photographer with a vision for the industry. Meet Tara!

La photographie a peut-être été un art masculin mais une de nos femmes haïtiennes a encore fait la différence. Elle est photographe indépendante et productrice exécutive aux studios Sekoya. Evolution of Fashion in Haiti est très fière de présenter à nos lecteurs un photographe avec une vision pour l’industrie. Laissez-nous vous présenter Tara!

Tara Etienne Levros

Her name is Tara Etienne Levros, she was born in Port-au-Prince on January 4th, 1989, and she currently lives in Thomassin. Her primary studies were completed at the College Coeur de Jésus, she completed her secondary studies at Saint-Pierre College and her senior year at Lycée Anténor Firmin. After graduating in journalism and communication, she integrated a training program in photography with a Belgian organization for a period of 6 months, according to her mother’s request. The experience of this training was to face competitions and eliminations in order to reach the top 10 apprentices who will have to enter the market. The goal of the Belgians was to train 10 people. She had to make sure to fail the tests to be eliminated because becoming a photographer was not an interest of hers. Paradoxically, Tara was always part of the lineup and her creativity helped her to win every step. She wanted to make a career in the world of fashion as a designer and that’s when she realized that sometimes you can desire something, but it can turn into another form.

Son nom est Tara Etienne Levros, elle est née à Port-au-Prince le 4 Janvier 1989 et elle réside actuellement à Thomassin. Ses études primaires ont été bouclées au Collège Coeur de Jésus, elle a effectué ses études secondaires au Collège Saint-Pierre et au Lycée Anténor Firmin (La Philo). Après avoir été diplômée en journalisme et communication, elle a intégré selon la demande de sa mère un programme de formation en photographie avec une organisation belge pendant une période de 6 mois. L’expérience de cette formation consistait à faire face aux concours et des éliminations afin d’arriver aux 10 meilleurs apprentis qui auront à intégrer le marché. Le but de ces belges était de former réellement 10 personnes, elle a compris que pour ne pas y arriver il fallait qu’elle en fasse en sorte d’échouer à les tests pour se faire éliminer, car devenir photographe ne l’intéressait guère. Paradoxalement, Tara faisait toujours partie de la sélection et elle peut se réjouir de sa créativité qui l’aidait à prendre le dessus à chaque étape. Elle voulait faire carrière dans le monde de la mode en tant que designer et c’est là qu’elle a réalisé que parfois on peut désirer une chose, mais çà peut retourner à soi sous une autre forme.

Tara Etienne Levros

So, Tara started taking photography seriously because she found a way to combine fashion and photography, and since then her family has always supported her. After being the winner of the portrait category amongst the 10 contestants in the Belgian competition, her real career began at Graphcity in December 2010 with Haitian photographer Hugue-Robert Marsan as a mentor and James Delano. With these 2 as a mentor, Tara had the best start with all possible support and the only difficulties on her side was to get work materials for her level.

Ainsi, Tara a commencé à prendre la photographie au sérieux parce qu’elle a trouvé un moyen de combiner la mode et la photographie, et depuis lors, sa famille l’a toujours soutenue. Après avoir été la gagnante de la catégorie portrait parmi les 10 participants de la compétition belge, sa véritable carrière a débuté chez Graphcity en décembre 2010 avec Hugue-Robert Marsan comme mentor et James Delano. Avec ces 2 mentors, Tara a eu le meilleur départ avec tout le soutien possible et les seules difficultés de son côté étaient d’obtenir du matériel de travail pour son niveau.

The early experiences accumulated so quickly that Tara remembered that they were all exhilarating and she even learned to turn the bad ones into good ones especially the times when she had replaced Hugue-Robert on a contract and the customers were not happy with the switch. Her best memory was during a wedding contract when she arrived, one of the bridesmaids asked her where Hugue-Robert went, she replied that he had sent her in his place and the girl burst out in laughter and yelled to the future bride « Hey, this is what Hugue sent you for your photos ». Tara smiled and walked into the room where they were getting ready to introduce herself. The bride finally says: « Frankly, if I knew that Hugue was going to do this to me, I would have never signed him ». Then, Tara understood the good side of things,  that these people were motivation for her to do better and that’s what made her unique in her work by avoiding copying her mentor’s style to satisfy customers. She created her own way and stood out with her own signature, it was not easy.

Les expériences à ses débuts s’accumulaient tellement vite que Tara se souvienne qu’elles étaient toutes exaltantes et elle a même appris à transformer les mauvaises en bonnes surtout les fois où elle remplaçait Hugue-Robert pour un contrat et que les clients ne faisaient pas attention à lui, encore moins à son travail à cause de son apparence.  Son meilleur souvenir a été lors d’un contrat de mariage, à son arrivée, l’une des filles d’honneur lui a demandé où est passé Hugue-Robert, elle lui a répondu qu’il l’avait envoyé à sa place et la fille a éclaté de rire en hurlant à la future mariée  » Hey, voici ce que Hugue t’as envoyé pour tes photos,  » Tara a souri et entra dans la chambre où elles se préparaient en se présentant et après l’avoir longuement toisé de regard, la mariée a finalement lâché :  » Franchman si m te konnen e sa Hugue-Robert tap fè m, m’te ale on lòt kote mpa siyen avè l.  » Alors, Tara a compris que le bon côté des choses était de considérer que ces personnes étaient des motivations pour qu’elle fasse mieux qu’hier, aujourd’hui et demain et c’est ce qui l’a rendue unique dans son travail en évitant de copier le style de son mentor soit pour satisfaire des clients ou autres choses. Elle a créé sa propre façon et s’est démarquée avec sa propre signature, çà n’a pas été quelque chose de facile, mais elle en est arrivée.

Tara has now been a photographer for 6 years, and she specializes in portrait photography, but like the majority of our Haitian photographers, she uses events such as weddings, birthdays, etc as a source of income. With a start not too bad, Tara was able to work with the best models, makeup artists and public figures like Nadège Telford, Valerie Vilain, Smith Sainclair, Melinda Dominique, Loretto, Francisco, and modeling agency Choublack.  According to her words working with these people was only because she felt comfortable with them and believed in their professionalism. 

Tara est photographe depuis 6 ans et elle se spécialise dans la photographie de portrait, mais comme la majorité de nos photographes haïtiens, elle utilise des événements tels que les mariages, les anniversaires, etc. comme source de revenus. Avec un début pas trop mal, Tara a pu travailler avec les meilleurs mannequins, maquilleurs et personnalités publiques comme Nadège Telford, Valérie Vilain, Smith Sainclair, Melinda Dominique, Loretto, Francisco et l’agence des mannequins Choublack. Selon ses mots, travailler avec ces gens était seulement parce qu’elle se sentait à l’aise avec eux et croyait en leur professionnalisme.

In working condition, Tara is always more comfortable with a Nikon camera in hand than any other brand, her lack of creativity is felt when she does not have a Nikon. For her editing, she uses Lightroom and Photoshop. According to Tara, photography is a very vast art and in the visual world, but it is not her only knowledge. She has learned a lot more in other fields and following other skills that she has discovered, she specializes in audiovisual production, in fact,  her dream is to obtain a  master’s degree abroad to expand her knowledge.

En condition de travail, par rapport à ses dires, elle est toujours plus à l’aise avec un appareil Nikon en main que n’importe quelle autre marque, son manque de créativité se fait ressentir quand elle n’a pas un Nikon peu importe laquelle. Pour ses retouches, elle utilise Lightroom et Photoshop. Selon Tara, la photographie est un art très vaste et dans le monde du visuel, elle n’est pas sa seule connaissance. Elle a pu apprendre beaucoup plus dans d’autres domaines et suite à d’autres aptitudes qu’elle s’est découverte, elle s’est spécialisée en production audiovisuelle et son rêve est de faire un master à l’étranger afin d’élargir beaucoup plus ses connaissances.

Thanks to her combined abilities, she worked with a lot of artists at the beginning when she was at Graphcity and, still today with Sekoya Studios with Rameces Demaratte, CEO of this company. Today, for Tara, photography is everything, her passion, her love, her source of life and in relation to the world of fashion, if she did not have photography, she would not have created anything. Although here in Haiti, it is everyone for themselves, which is the biggest problem, but she firmly believes that things could be better by having other looks and ways of thinking. « We are so busy tearing each other apart by trying to prove that each of us is better than the other, that we are not moving forward, »  she says. Only a few want to make a difference by creating activities for the evolution of these areas (photography, fashion) in Haiti and but unfortunately, those who want to destroy the effort are the majority and are weirdly part of the same industry that we want to see evolve. Alone, she can not say « STOP », because she is already subject to this famous phrase:« She thinks she’s who or what to want to achieve so much » or the other « You started just the other day, you didn’t even know anything (avan hier la li paret, ou pat menm konn anyen) ». 

« We have these old bad habits and we are in great need of letting them go in order to move forward. We are in an era where information is the key to everything and every area of business is changing fast, so we need to make sure our society is seen differently and to put our work forward differently than the way we do business. Let’s do it all now. »

Grâce à ses capacités réunies, elle a travaillé avec beaucoup d’artistes au début quand elle était à Graphcity et, aujourd’hui encore avec Sekoya Studios en compagnie de Rameces Demaratte, CEO de cette entreprise (une rencontre des plus historiques). Aujourd’hui, pour Tara, la photographie est tout, sa passion, son amour, sa source de vie et par rapport au monde de la mode, si elle n’avait pas eu la photographie, elle ne pouvait rien créer. Malgré qu’ici en Haïti, c’est un contexte de chacun pour soi et c’est là le plus gros problème, mais elle croit fermement que les choses pourraient être meilleures en ayant d’autres regards et façons de penser. À écouter Tara, « Nous  sommes tellement occupés à nous entre-déchirer en voulant prouver que chacun de nous est meilleur que l’autre que nous n’avancons pas. Rares sont ceux qui veulent faire la différence en créant des activités pour l’évolution de ces domaines en Haiti et ceux-là qui veulent détruire l’effort de ceux qui veulent évoluer positivement sont malheureusement majoritaires et pas étonnant si on les trouve dans le même secteur d’activité qu’on veut voir évoluer. Et encore malheureusement à elle seule, elle ne peut pas dire « STOP », car elle fait déjà l’objet de cette fameuse phrase de notre vieil coutume désagréable :  » Elle pense être qui ou quoi pour vouloir réaliser çi ou çà  » ou encore  » avan yè la ou fèk vini, ou pat menm konn anyen … »

« On a tous ces vieux mœurs auxquels il nous faut nous détacher pour mieux avancer. Nous sommes à une ère où l’information est la clé de tout et chaque domaine d’activité évolue à grands pas, à nous donc de faire en sorte que notre société soit vue différemment et de faire valoir nos travaux autrement que la façon dont on le fait tous maintenant. »

Being a photographer in Haiti is not easy and it is even less externally if you have no asset to play in your favor. It takes a lot of work and experience to declare oneself as a photographer and it is this same reason that always pushes us, photographers, to lead the way for those who to come. We must also learn from our elders, it’s also one of the ways that the fashion industry, in general, can rise to higher levels. Her current vision of this world is that we have many different talents but we are paralyzed by the simple facts that we use hypocrisy and selfishness as the motto.


Être photographe en Haiti n’est pas chose facile et çà l’est encore moins extérieurement si on a aucun atout pour jouer en notre faveur. Il faut beaucoup de travail et d’expérience avant de se déclarer comme photographe et c’est cette même raison qui la pousse toujours à dire que c’est nous qui devons montrer la voie à ceux-là qui viennent, nous devons aussi apprendre de nos aînés, c’est aussi l’une des façons pour que l’industrie de la mode en général inclus le visuel soit à un autre niveau. Sa vision actuelle de ce monde est que nous sommes paralysés avec beaucoup de talents différents pour la seule et simple raison que nous utilisons les mots comme « hypocrisie et égoïsme » comme devise.

According to Tara, we all have competitors in every field, but that does not explain why we choose to hate and destroy ourselves while we can make this competition a source of positive visibility. All this, she would like to be able to change, especially the way we perceive photography in Haiti and that’s why she works hard to make her project « Festival de la Photographie (Festival of Photography) » an essential point in the sector. Tara knows that it is not easy with all that was mentioned, but in the 5 years to come, she intends to make it the center of interest to all.

Selon Tara, nous avons tous des concurrents dans chaque domaine d’activité, mais cela n’explique pas pourquoi nous choisissons de nous haïr et de nous détruire alors que nous pouvons faire de cette concurrence une source de médiatisation pour une autre visibilité positive. Tout ceci, elle aimerait pouvoir les changer, surtout la façon dont on perçoit la photographie en Haïti et c’est pour ça qu’elle travaille d’arrache-pied à faire de son projet de « Festival de la Photographie » un point incontournable dans le secteur, déjà ce n’est pas facile avec tout ce qu’elle vient de citer comme problème, mais pour les 5 années à venir, elle compte bien faire de cette activité le centre d’intérêt de tous !


The only advice she considers to be more than adequate to give to all those who really want to take to heart this job is to always practice, to go beyond their abilities, to do more than create, and innovate. Practice without stopping!

Le seul conseil qu’elle considère être  plus que bien à donner à tous ceux qui veulent vraiment prendre à cœur ce métier est de toujours pratiquer, aller au plus loin de ses capacité faire plus que créer et innover. Pratiquer sans arrêt

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